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La formation en ligne se cherche…

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Débouchés encore limités, faible reconnaissance des diplômes, investisseurs frileux et erreurs stratégiques, la formation en ligne souffre des défauts de sa jeunesse.

Il y a quelques années, j’ai travaillé sur un projet de e-learning réservé aux professionnels et aux étudiants en management en quête de certification valide et légitime dans le monde du travail. Malheureusement, ce projet n’a jamais pu aboutir pour tout un tas de raisons qu’il serait compliqué (et inutile !) de développer ici. Néanmoins, j’ai pu ainsi me frotter à un secteur qu’on promettait encore récemment à un succès phénoménal, porté notamment par la puissance d’Internet, vecteur devenu quasi universel s’il en est. Et pourtant, force est de constater que la formation en ligne se cherche encore.

On lui promettait un avenir radieux, elle devait devenir la “killer application” de l’Internet de demain, on ne jurait plus que par les formidables potentialités qu’elle ouvrait… Las ! la formation en ligne n’est plus aujourd’hui que l’ombre de ce qu’elle devrait être.

Dans un contexte économique des plus difficiles pour les entreprises de la nouvelle économie, le “e-learning” pensait tirer son épingle du jeu en tablant sur la réelle valeur ajoutée d’un service qui proposait aux gens (et aux entreprises) de se former directement sur son ordinateur, sans plus avoir à se déplacer, et dans presque n’importe quel domaine. Malheureusement, la loi du marché est la même pour tous et les principales entreprises qui avaient investi ce secteur ont depuis longtemps jeté l’éponge.

Pour l’instant, le e-learning concerne 3 à 4% des étudiants qui ont choisi de se former par correspondance, très loin derrière l’écrit et même le téléphone, très en vogue pour l’apprentissage des langues vivantes.

Pourtant, la formation en ligne possède des avantages indéniables susceptibles d’intéresser, non seulement les particuliers, mais également les entreprises : réduction des coûts de formation (plus de frais de déplacement, d’hébergement, de restaurant…), souplesse des emplois du temps, formation personnalisée, de nombreux thèmes traités, possibilités d’étudier depuis plusieurs endroits différents (au bureau dans la journée, à domicile le soir), etc. Certains analystes regrettent qu’un tel potentiel soit gâché par des erreurs stratégiques et des investissements mal maitrisés. Aux Etats Unis, où le modèle est né, il reste quand même plus de 65 millions de salariés qui ne possèdent pas de diplôme pré-universitaire, ce qui représente un marché potentiel de 15 à 20 milliards de dollars pour le e-learning.

En France, la formation à distance est très bien implantée, aussi bien pour l’enseignement des matières “classiques” que pour des domaines plus spécifiques et plus pointus. Quant à la formation professionnelle continue, elle ne cesse de progresser et toutes les entreprises ou presque disposent d’un budget annuel “Formation”.

Cependant, le gros problème reste encore la reconnaissance des diplômes. Selon Linda Natansohn, vice-présidente de Monster.com, site spécialisé dans la recherche d’emploi, “il est encore trop tôt pour que les entreprises acceptent des personnes ayant obtenu des diplômes en ligne”. Certaines sociétés proposent bien des formations en informatique reconnue par certaines institutions, voire des secteurs professionnels, mais leur fragilité relative (liée en partie à l’instabilité chronique du Net) remet en question la validité des diplômes obtenus en ligne.

Quant au CNED (Centre National d’Enseignement à Distance), célèbre organisme de formation à distance français, même s’il propose quelques “cours” sur son site internet, il tarde à sauter le pas de la formation tout-internet, et ce malgré sa notoriété et l’intérêt pour les nouvelles technologies manifesté par une bonne partie de ses étudiants.

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