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Journalisme contre “actualité de bouseux”

journalisme contre blogueur

Depuis deux ou trois ans, on assiste à une guerre de tranchées entre les blogueurs et les journalistes, les premiers revendiquant le droit à une information citoyenne susceptible d’être produite par n’importe qui, et les seconds prônant la légitimité institutionnelle avant tout et affirmant à qui veut les entendre (ou les lire) que seule leur caste profession est à même d’apporter au peuple son content de savoir. Sauf que…

Sauf que, force est de constater qu’au jeu de la chasse au scoop, les blogueurs ont révolutionné la manière d’informer. Ce côté immédiat ou presque, quasiment “brut de décoffrage”, sans montage partisan, sans censure, sans prendre de gants non plus… Alors c’est vrai que c’est parfois un peu trash, et partisan aussi, mais c’est un excellent moyen de remettre le lecteur (ou l’auditeur, ou le spectateur) à sa place, celle “d’informé” justement et non plus de “conformé” (en un seul mot, hein… quoi que…).

Car les quelques décennies qui viennent de s’écouler ont eu plutôt tendance à nous transformer en un troupeau consentant, habitué à gober tout cru ce que les médias traditionnels lui apportaient à becqueter. Petit à petit, on a perdu le réflexe salutaire de s’interroger, ou même d’avoir un avis tout simplement.

Mais avec la “nouvelle information”, celle du Web, on ne peut plus rester passif, on est presque obligé de vérifier si ce qu’on nous raconte tient la route. Et le fait que justement l’information nous arrive souvent dans sa forme “naturelle”, c’est à dire ambigûe, susceptible d’interprétation, subjective comme peut l’être toute chose dans la vie en somme, ça nous amène à remettre en marche notre bon sens ainsi que son petit frère le doute. Ce fameux doute qui fait qu’on ne s’arrête pas à l’évidence et qu’on devient soi-même acteur de l’information, et plus simplement cette espèce de chose informe faisant corps avec son canapé et qui ingurgite sans réfléchir tout ce qu’on lui balance en lui disant qu’il n’a “même-pas-besoin-de-mâcher-ça-passe-tout-seul-mon-bon-monsieur

Parfois aussi, la vérité nous arrive par les “amateurs” avant qu’aucune autre autorité officielle n’ait pu s’emparer d’un sujet. On se souvient par exemple de ces images de manifestants iraniens matés dans le sang par un gouvernement pas vraiment ami avec la presse. Des images qui nous mettaient sous les yeux une situation dont on n’aurait pas entendu parler s’il n’y avait eu des gens comme vous et moi qui décidèrent de risquer leur peau pour en témoigner sur place, dans la rue, souvent avec un simple téléphone portable dans une main et leur sac de provisions dans une autre.

Une “actualité de bouseux”, certes, comme je l’ai entendu dire par un fier détenteur d’une carte de presse en bonne et due forme, mais une actualité somme toute avec laquelle l’opinion internationale a dû composer et des bouseux auxquels les journalistes officiels n’ont eu d’autre choix que d’emboiter le pas pour faire leur métier… à la fin, quand il s’agissait de remettre un peu de diplomatie et de “politically correct” dans ce magma d’informations mal dégrossies.

Et finalement, quand je vois que certains mandarins des salles de presse affirment que l’info des blogueurs ne peut décemment pas être prise au sérieux, je me dis qu’il serait temps que cette noble profession (que je respecte au plus haut point par ailleurs) ferait mieux de balayer devant sa porte avant d’aller renifler les fesses des copains. Surtout quand on sait que la plupart des informateurs amateurs communiquent ainsi bénévolement, parfois au quotidien, pour apporter de la matière à penser à mes frères humains, tandis que d’autres sont payés pour produire ça :

cloclo parle

Et voici les “révélations extraordinaires” qui ont poussé les journalistes de France Dimanche à consacrer leur Une à cet “évènement”.


Cloclo s’exprime depuis le paradis
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Une Réponse pour “Journalisme contre “actualité de bouseux””

  1. Christophe Da Silva a écrit :

    “Actualités de bouseux”, cela me choque.

    Mais force est de constater que de nombreux journalistes réputés sérieux (par opposition à “l’info des blogueurs ne peut décemment pas être prise au sérieux”) ont ouvert leur propre blog, que ce soit des blogs hébergés par leur rédaction ou par des plateformes plus communes du bouseux : Jean-Michel Apathie (qui vient de se faire découper ce matin sur son blog made-in RTL), Pierre-Luc Séguillon de LCI (blog non mis à jour depuis plus d’un an - aurait-il craqué face à nos plumes de “bouseux” ?) ou encore Christophe Barbier de l’Express.

    S’y sont-ils mis par la force des choses ? Parce que ça fait bien et c’est dans l’ère du temps ?On découvre même que certains d’entre eux ont leur noble profil Facebookien ou Twitterien;

    Je respecte toutefois les journalistes, car nous, blogueurs, en sommes également dans une certaine mesure. Amateur ou professionnel, peu importe, c’est au lecteur aussi de faire la part des choses sur ce qu’il doit prendre et laisser, et surtout à son tour commenter. Par là même le lecteur devient contributeur donc un peu journaliste non ?. N’est-ce pas là le principe du Web 2.0 ?

    Christophe

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