> Au quotidien

J’aime pas les zorros du web

zorro du web

Qu’ils trainent sur les forums ou qu’on les croise au détour d’un blog, ils éveillent toujours en moi un sentiment étrange, mélé d’agacement et de pitié. Qui ? Ceux que j’appelle les “zorros du web”, une race particulière d’internautes qu’on reconnaît facilement à leurs messages aussi moralisateurs qu’accusateurs, prétendant pourfendre les “méchants” en usant de méthodes quasi mafieuses, et se vantant de protéger la veuve et l’orphelin en tapant du pied comme des marmots indisciplinés.

Inutile de le cacher plus longtemps, je ne les porte pas vraiment dans mon coeur. Pourtant, pour en avoir parfois rencontré en vrai, ce ne sont pas de méchants bougres pour la plupart. Un peu paumés, peut-être, complexés aussi. Des hommes le plus souvent, souffrant d’une certaine misère affective, ne parvenant pas à se hisser au niveau de leurs aspirations les plus profondes, que ce soit sur le plan social ou personnel. Des gars en fait qui se retrouvent dans la peau d’un autre qui ne les mérite pas, une enveloppe charnelle qui se révèle bien en-deça de l’image qu’ils se font d’eux-mêmes.

Alors quand ces personnes découvrent la formidable puissance d’illusion d’Internet, ils se jettent dessus à corps perdu et endossent leur cape de justicier virtuel sans laisser à quiconque le droit de la leur contester. Il y a de ça une quinzaine d’années, aux tout débuts du Web, un dessin de presse avait suscité amusement et polémique aux Etats Unis. On y voyait un chien assis devant un écran, en train de taper sur un clavier, et qui disait à un autre allongé au sol : “L’avantage avec Internet, c’est que personne ne sait que tu es un chien.”

Ainsi, un certain nombre d’individus à l’égo fragile ont choisi de devenir en ligne ce qu’ils ne parvenaient pas à être dans la vraie vie. Et on les retrouve alors sur tous les espaces de discussions en train de chercher à démasquer des super-vilains imaginaires, débusquant des indices qui ne parlent qu’à eux-mêmes, et sollicitant la patience des autres participants en accusant un peu tout le monde au hasard.

Mais l’illusion ne prend pas et ils s’en aperçoivent bien vite. Ils se mettent alors à multiplier leurs interventions, accentuant leurs accusations, quitte à s’affranchir de tout fondement, dévoilant peu à peu leur personnalité torturée, complexée, à la limite de la paranoïa. Ils deviennent agressifs, menaçants mêmes, brandissant le courroux judiciaire comme on brandit une arme. Sauf que ce n’est plus pour défendre ou même pour châtier, mais plutôt pour se sentir exister, éprouver le frisson de puissance dont ils s’imaginent imprégnés en tenant l’épée de justice à deux mains. Une pauvre épée de carton en réalité, qu’ils ne tiennent même pas par le bon bout et qui, généralement se retourne contre eux, à force d’avoir été malmenée au point d’être détournée de son sens originel.

Non, décidément, je n’aime pas les zorros du Web, qui passent leur temps à se prendre pour ce qu’ils ne sont pas, à chercher chez les autres les travers dont ils se sentent eux-mêmes coupables. Je les plains d’en être ainsi réduits à renifler les semelles des autres pour voir où ils ont marché, juste pour masquer l’odeur de leurs propres faiblesses.

Oui je les plains. Mais je ne les aime pas.

Tags: , , , , , ,

-->

12 Réponses pour “J’aime pas les zorros du web”

  1. Munchausen a écrit :

    Mince, me voici perçé à jour.

    Pourtant je ne porte pas de masque, juste un bouc et un tricorne ;-P

    Bon, je l’avoue, moi aussi ce type de client m’indispose.

    Bon article comme d’hab !

  2. endzed a écrit :

    Bravo pour cet article, si seulement certains pouvaient se reconnaître et changer d’attitude ensuite, parce qu’il faut bien l’avouer, le comportement sus-décrit perturbe parfois un peu trop l’ambiance de départ…

  3. Serge Demoulin a écrit :

    Bravo,

    Très bien écrit et décrivant parfaitement ce genre d’individus que je n’aime pas non plus et dont le contenu des attaques manque le plus souvent d’intelligence et de bon sens.

    Je hais les personnes qui attaquent en se cachant derrière un pseudo !

    Il n’y a plus d’hommes sur Internet ?

  4. Un chien derrière un routeur a écrit :

    Bonjour,

    J’ai du mal à saisir ton message.
    Tout ce que je vois c’est du venin sans fond réel. Tu les aimes pas, c’est vraiment la seule conclusion à en tirer. Mais ton argumentation ne va pas plus loin que si je disais: j’aime pas les pommes parce que c’est de la merde.

    Je me permets de relever quelques citations histoire de mettre en relief un champs lexical interessant:

    “complexés”, “misère affective”, “égo fragile”, “personnalité torturée”, “paranoïa”, “se sentir exister, éprouver le frisson de puissance”, “chercher chez les autres les travers dont ils se sentent eux-mêmes coupables”, “masquer l’odeur de leurs propres faiblesses”

    Ca c’est la première partie: la névrose. Mais la névrose du point de vue du dédain, du dégoût.
    Et je passe une autre partie du champs lexical qui tend vers la castration de zorro.

    C’est contemporain peut être, ou peut être pas, mais les diatribes sur fond de “machin est complexé, il est frustré et encore amoureux de sa maman et gnagnagna…”.
    Les argumentations sur ce genre de toile ça s’appelle un coup bas.
    Pourquoi un coup bas? Tous les hommes ont une entrejambe sensible. On sait que si on tape là on fait très mal.
    Les pamphlets à base de “machin est névrosé”, c’est pareil. On est tous névrosés, mais taper là c’est trop facile.

  5. cynoque a écrit :

    @Un chien derrière un routeur
    très bon commentaire
    c’est toi qui aurait du écrire l’article!

    @tous
    Moi j’aime pas les fachos du web
    Article inutile et sans fond réel

  6. Bruno a écrit :

    Désolé pour ceux qui se sentent visés, ça ne fait que renforcer l’opinion que j’ai pour cette engeance en ligne que sont les petits justiciers en survet’ qui s’imaginent plein de muscles derrière leur clavier.

    Et quant à ceux qui sortent du “facho” à tout bout de champ, je leur accorde au mieux un bon vieux point Godwin, même s’il y a de grandes chances qu’ils ne comprennent pas l’allusion.

    Et puis tiens, tant que vous y êtes, allez jeter un coup d’oeil dans un dictionnaire pour apprendre de quoi vous accusez les autres. Vous pourrez voir que non seulement ça n’a rien à voir, mais qu’en plus vous êtes bien plus proches de la définition du fasciste que ceux que vous appelez ainsi.

  7. Vincent DELOURMEL a écrit :

    Je découvre ce blog, j’aime beaucoup le ton. Pour cet article, il y a quand même du vrai même si l’analyse est un peu dure…

  8. Jean-Pierre a écrit :

    C’est drôle comment les gens parfois ne réalisent pas qu’ils font presque la même chose que ceux qu’ils dénoncent mais en y ajoutant du venin. Il est vrai que de retourner le miroir sur moi est très difficile. Il y a les Zorros du web…. et maintenant un Zorro contre les Zorros du web nous est arrivé. Dans l’un comme dans l’autre, il doit sûrement y avoir quelque chose à apprendre. Par contre à force de “tirer” sur les autres forcément on se met en position de se faire “tirer” dessus. A quoi cela sert-il?

  9. Vincent a écrit :

    Voici encore une très grande leçon d’intolérance, un discourt frôlant les limites de l’eugénisme. Le grand Zorro démasqué versus Pop Star.

  10. Bruno a écrit :

    Si ne pas supporter les abrutis, les frustrés, les aigris ou encore les minables qui vivent leur vie par procuration au détriment des autres, c’est être intolérant, alors ok, j’assume mon intolérance.

  11. Vincent a écrit :

    Et vous Bruno ne vivez vous pas au détriment de ces autres — > de tous abrutis, frustrés et tous ces aigris… ;-)
    Jean Mari Le P.. ne serait-il pas l’un de vos proches !

    La tolérance, la complaisance, l’ignorance … vous connaissez ?

    Ce qui est minable c’est votre discours et cette parodie en faisant l’apogée de ces Zorros.
    Qui est donc le Zorro dans cette histoire, eux ou Vous !
    Mais j’oubliai que vous êtes CE GRAND ZORRO issu de ces abrutis de la Pop Star

  12. Bruno a écrit :

    Ben alors Vincent, on perd son calme ? :) Vous vous sentiriez visé que vous ne réagiriez pas autrement. On est tous l’abruti de quelqu’un. Personnellement, je dis juste que je n’aime pas ceux qui le sont pour moi. Avec votre sens exacerbé de la tolérance vous devriez accepter que j’exprime librement mon sentiment même si ce n’est pas le votre, n’est-ce pas ? Un refus vous mettrait d’emblée dans le camp des chantres de la pensée unique et des délits d’opinion. Et je suis sûr que vous valez mieux que ça.
    Bien amicalement.

Poster une réponse