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Les cyber-commerçants négligeraient le marketing en ligne

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Hier, j’ai lu que 70% des acteurs du commerce sur Internet ne s’intéressaient pas au retour sur investissement de leurs campagnes d’e-marketing. Pire encore, un bon tiers d’entre eux ne savent même pas de quoi on parle. Honte à eux !

C’est Coremetrics qui le révèle dans une étude datant du mois de janvier : 7 annonceurs sur 10 dans le domaine du commerce électronique ne mesurent pas le retour sur investissement de leurs différentes activités de marketing en ligne. En gros, ils jettent littéralement leur argent par la fenêtre à chaque fois qu’ils mettent en place une campagne promotionnelle.

Alors soit, passons sur le fait que tous les commerçants ne sont pas forcément des marketeurs émérites. Passons aussi sur la difficulté de s’y retrouver au milieu de toutes les offres qui fleurissent sur le Net dans le but d’améliorer la rentabilité et l’efficacité des activités numériques. Passons enfin sur l’aspect un peu “intimidant” de nouvelles techniques de marketing qui peuvent paraître “trop modernes” pour certains. Mais alors, je pose la question : pourquoi avoir investi le Net ? Pourquoi avoir cherché à conquérir un marché qu’ils ne connaissent pas ? Pour faire comme les concurrents ? Pour suivre la tendance, et peu importe si on n’y comprend rien ?

Personnellement, ce n’est pas vraiment l’idée que je me fais d’une attitude sérieuse et responsable de la part d’un commerçant. A moins qu’il n’y ait autre chose derrière ces chiffres…

Si on lit attentivement l’étude de Coremetrics on apprends également que “tous les distributeurs français qui ont fait faillite au cours du mois dernier n’ont qu’une présence limitée sur le Web.” Ce qui semble confirmer qu’Internet est devenu incontournable pour réussir dans ce milieu. Mais pour moi, ça veut dire aussi autre chose…

Ça signifie surtout que depuis des années des professionnels du Web, eux-même pas toujours très compétents ni très informés, n’ont eu de cesse de vendre du marketing en ligne à des gens qui n’y comprenaient rien. Sans les informer précisément de tout ce que ça impliquait, de ce que ça recouvrait, de ce qu’on en obtenait ou de ce qu’on en faisait. Sans les suivre dans leur nouvelle stratégie. Sans pédagogie, sans repères. Sans scrupules disons-le tout net. L’objectif numéro un : faire cracher au bassinet un tas de gens complètement largués sur le plan des nouvelles technologies mais qu’on aura préalablement réussi à convaincre qu’ils pourraient bien mettre la clé sous la porte s’ils n’avaient pas bien vite leur “sitouebe“.

On leur a fait peur en montrant des chiffres qui prouvaient que les consommateurs fuyaient les magasins classiques au profit du shopping en ligne. On les a fait saliver aussi en leur exposant des success-stories à la mode numérique, remakes gondolés sur papier glacé du petit commerçant devenu grand par la magie du Net. On leur a enfin vendu une image, celle de la modernité, du progrès et de la réussite, image qui deviendrait rapidement la leur à condition de signer là, en bas, juste après “les-conditions-générales-qu’il-n’est-pas-vraiment-utile-de-lire-car-il-faut-agir-vite-et-de-toute-façon-vous-nous-faites-confiance-n’est-ce-pas“.

Des milliers de contrats ont ainsi été écoulés (il n’y a pas d’autres mots) pour le plus grand bonheur des web agencies de tout poil, dont la plupart ont d’ailleurs changé d’activité depuis, au moment où le marché est devenu un peu trop encombré et plus très nouveau, et surtout lorsque de nouvelles opportunités encore plus juteuses se sont présentées (Pardon ? ah non, je n’ai pas parlé du référencement, mais si vous le dites…)

Et aujourd’hui, on s’étonne de voir que la plupart des clients de la belle époque ne savent toujours pas quoi faire avec leurs joujoux marketing. Tout ce qu’ils savent c’est qu’ils doivent continuer à faire de la pub, toujours plus de pub, car ils ne sont pas seuls sur le Net. Oh que non ! C’est qu’il y a du monde, ma bonne dame ! Pire que sur la place du village un jour de marché. Alors on annonce, on paie des campagnes de référencement, on augmente ses investissements marketing et on se dit qu’au final, ça donnera bien quelque chose. Le souci, c’est qu’on ne sait pas trop quoi… et surtout qu’on ne saurait toujours pas quoi en faire si ça nous tombait sur le nez.

Mais ne craignez rien brave gens, car les (nouveaux !) pros du marketing en ligne ont la solution à tous vos problèmes. En effet, pour contrer les effets pervers des actions menées jadis sur votre dos par les méchants marketeux peu scrupuleux (non, non, ce n’étaient pas le mêmes, voyons !) les champions actuels de la stratégie commerciale en ligne ont d’ores et déjà tout un arsenal de mesures à vous proposer pour accroître votre présence en ligne. Des mesures qui coûtent un peu d’argent, certes, mais bon, il faut savoir ce que vous voulez aussi…

Et sinon, davantage d’information ? Ah non, ça, ce n’est toujours pas prévu visiblement…

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2 Réponses pour “Les cyber-commerçants négligeraient le marketing en ligne”

  1. Munchausen a écrit :

    Bonjour Bruno

    Excellent article, comme d’habitude mais qui m’interpelle sur un point : Les entreprises voulant faire de l’internet sont-elles demandeuses de stratégie Marketing internet ou même “Marketing Compatible” ?

    Soyons sérieux, lorsque je commence à demander quels sont leurs objectifs et cibles aux commerçants qui veulent une boutique en ligne leur première réaction est de faire des grands yeux en se demandant quel est le rapport avec leur site “Hachetéaimelles”.

    Je dirais même qu’en insistant sur ces points, devant tant d’incompréhension, je risque même de perdre la clientèle car mes questions sont en décalage total par rapport à leur perception de la conception d’un site internet. Pour eux ce n’est qu’un truc purement technique ou informatique qui va leur apporter de la clientèle comme par magie.

    Vous savez lorsque j’étais illustrateur graphiste j’ai souvent rencontré des clients qui pensaient que l’ordinateur faisait seul le travail d’illustration presque sans mon intervention. Alors pourquoi un site internet ne vendrait-il pas tout seul sans que l’on s’occupe de le faire vivre ?

    Pour ne pas tomber devant ce mur d’incompréhension il faut que mon interlocuteur ai déjà entendu parlé de Marketing voire qu’il soit rompu à quelques concepts de base comme l’acquisition clientèle, la fidélisation,…

    Bien sur on rencontre ce type d’interlocuteur que dans des structures sensiblement importante (ou alors chez les “pure-players” internet ( j’en ai rencontré assez peu dans mon travail en vérité))

    Certes les “Professionnels” informent peu leur clientèle sur l’aspect stratégique et “Marketing” de leur démarche internet. Mais je ne pense pas que ce soit uniquement par malice.

    C’est bien souvent par méconnaissance (et oui n’importe qui s’intitule pro du “Marketing Internet”) ou pour ne pas se mettre à dos une clientèle réfractaire aux concepts même d’une démarche marketing réussie.

    Comme je le dit souvent : Ce qui me différencie d’une Web-agency, c’est qu’il veulent vous livrer un site fonctionnel alors que vous cherchez un site qui vend. Moi je livre un site créé pour concrétiser vos objectifs.

  2. Bruno a écrit :

    Exactement, cher Baron, mais la pédagogie n’est pas toujours évidente à mettre en place : c’est souvent ingrat, long, et pas très rentable à court terme. Et c’est peu de le dire.

    Mais le pire, c’est que ça ne reste efficace qu’auprès de ceux qui ont envie de comprendre, qui recherche cette information (que les professionnels se doivent de leur fournir par ailleurs). Et là, c’est carrément mission impossible car, pour la plupart, les clients n’ont même pas conscience que cette information existe, et qu’ils n’ont pas à rester obligatoirement dans le flou.

    C’est pourquoi il faut informer en amont, et massivement. Par le biais de bouquins, de conférences, de blogs, d’articles, etc. Et même pourquoi pas dès la constitution des entreprises, au même titre qu’on inculque quelques rudiments de comptabilité et de gestion aux nouveaux entrepreneurs. Tant il est vrai que la communication en ligne est devenue aujourd’hui aussi incontournable que la comptabilité. Ou presque…

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