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Non, on ne doit pas avoir honte de ses projets inachevés

Je viens de lire un article qui laisse penser qu’une attitude sérieuse et responsable sur Internet consisterait à ne jamais commencer quelque chose qu’on ne finira pas. J’avoue que cette prise de position m’a surpris venant de l’un des principaux acteurs du Web Francophone, lequel devrait au contraire encourager les gens à expérimenter un maximum de choses, et ne pas avoir peur d’échouer pour réussir. Je pense d’ailleurs que lui même n’est arrivé à son niveau d’expertise que parce qu’il a su tirer les enseignements de ses expériences passées. Abouties ou pas.
Hier, je lisais le blog de Maxime Grandchamp (Gourous du Net) et un billet d’humeur a attiré mon attention. L’auteur s’en prenait ouvertement à tous ceux qui créent des sites ou des services en ligne sans jamais les terminer, à commencer par les blogs qu’on voit fleurir souvent sur un coup de tête et qui ne survivent pas à leur 2 ou 3 premiers posts.
Sur le coup j’ai eu envie de réagir positivement, et puis je me suis ravisé car la situation n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Et je pense que c’est céder un peu vite à la facilité que de porter des jugements à l’emporte-pièce sur des “comportements” dont les causes peuvent être très diverses.
Un manque de moyens ne signifie pas un manque de volonté
En effet, ce n’est pas la seule paresse qui explique le nombre de projets laissés en plan, à plus forte raison dans le domaine de la communication, qu’elle soit professionnelle ou non. Ainsi moi, il m’est très souvent arrivé, ces trois dernières années, de travailler sur les projets de tierces personnes qui n’ont jamais trouvé le temps de les mettre en oeuvre au bout du compte. Je dis “le temps”, mais il est aussi arrivé que ce soient les moyens qui aient manqué (moyens humains, moyens financiers, moyens structurels…) et tous mes commanditaires n’étaient pas forcément pour autant des gens manquant de constance ou de persévérance. Ce sont juste les circonstances qui avaient changé entre-temps.
De sorte qu’aujourd’hui, je dispose de toute une partie de mon expérience dont je ne peux me prévaloir officiellement (puisque jamais concrétisée par quelque chose de visible ou de public). Qu’il s’agisse de livres, de sites ou encore de procédés innovants, j’ai donc travaillé en vain le plus souvent, si ce n’était que la plupart du temps j’étais payé durant le développement de ces projets. Dois-je en vouloir à mes donneurs d’ordre pour autant ? Dois-je les considérer comme des individus inconsistants et peu fiables ? Je ne pense pas.
Rien n’est jamais abandonné
Quant à mes propres projets jamais terminés, ceux que je garde au coin de ma tête ou au fond d’un carton, voire dont quelque prémice hantent encore un bout de serveur quelque part sur le Net, ils ne sont nullement regrettables à mes yeux, et je pense pas avoir démérité à les commencer. Au contraire, bien souvent j’ai appris en m’attelant à leur réalisation, j’ai expérimenté des choses, j’ai testé de nouvelles pistes techniques, commerciale ou éditoriales, j’ai cherché à faire bouger certains concepts marketing à mon humble niveau… Je ne dis pas que je les reprendrai tous un jour, et encore moins que je les finirai. Mais je n’exclus pas non plus de les oublier définitivement. Ils sont comme une porte entrouverte sur des “possibles”, des voies à peine explorées et qui vaudront le coup d’être rouvertes plus tard qui sait. Ce sont des idées, des concepts, des bouts de réflexion concrétisées partiellement ici ou là plutôt que d’être oubliés aussitôt par manque de temps pour les mener à terme.
On en vit pas dans un monde figé, et Maxime Grandchamp lui même le sait bien. Parfois, les idées inabouties d’hier (quelles que soient les raison de leur abandon provisoire) peuvent devenir les bases de projets futurs innovants et solides parce que, justement, ils auront été mûrement réfléchi et même expérimentés de longue date.
Quantité ne fait pas forcément qualité
Quant aux blogs à peine peuplés de quelques posts et plus mis à jour depuis des lustres, ils n’en sont pas moins partie intégrante de la formidable masse d’informations qu’on peut trouver en ligne. Et sur ce point en tout cas rien ne distingue un blog de 5 posts d’un autre qui en affiche 500, si ce n’est peut être que l’auteur du second a eu plus de temps à lui consacrer.
Et puis, je préfère lire quelques billets bien sentis et pertinents d’un gars qui publie rarement, que des tas d’articles d’un intérêt souvent limité et dont la seule justification semble parfois dictée par la nécessité d’une parution quotidienne.
Tags: contenu, internet, moyens, projets, site web, Sur un autre blog
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Le 26 février 2009 à 12:19
Totalement d’accord, rien n’est jamais perdu, ni le temps ni les idées.
Après tout dépend de la raison de l’arrêt, il y a des spécialistes de j-ai-une-super-idée-je-me-lance-je-commence-et-je-laisse-tomber (mais non je ne parle pas de moi !)
Le 14 juillet 2009 à 17:47
Tout à fait d’accord , et puis c’est en forgeant que l’on devient forgeron…
Et puis on apprend deux fois mieux de ses erreurs