Publié sur Moteurzine
Récemment, le magazine économique Challenges titrait sur Google, en énumérant tout ce que ce dernier pouvait faire pour nous. En effet, il est loin le temps où ce n’était qu’un simple moteur de recherche cherchant à concurrencer ceux déjà en place, à commencer par Altavista, le leader de l’époque.
Aujourd’hui, outre sa position hégémonique en matière de recherche en ligne, il n’a en effet échappé à personne que Google était devenu la référence dans bien d’autres domaines. A commencer par la publicité en ligne, devenue un véritable modèle économique à part entière pour des milliers de sites sur la toile. Cartographie, gestion de photos, échanges de vidéos, bureautique, communication, messagerie, réseaux sociaux, encyclopédie; l’entreprise de Larry Page et Sergey Brin cumule les premières places : premier site au monde en termes d’audience, numéro un des moteurs de recherches, marque la plus puissante de la planète devant General Electric et… Microsoft.
Et comme l’Hydre de Lerne, la bête a mille têtes, surgissant partout où elle peut s’imposer, envahissant le Web à travers ses dizaines de services en ligne, effrayant les éditeurs de logiciels avec ses applications qui ne nécessitent plus d’installation, agaçant les fabricants d’ordinateurs avec ses produits exploitant ses propres ressources serveurs et n’obligeant donc plus les consommateurs à acheter du matériel toujours plus performant, bouleversant enfin l’économie (et pas seulement en ligne) par son essor économique et sa place grandissante dans le Top Ten des valeurs boursières.
Bref, pour certains, Google est devenue la bête à abattre et on se demande déjà quel Hercule viendra à bout du monstre. Car là où passe Google, la concurrence trépasse. Sa position dominante suscite d’ailleurs pas mal de critiques de la part des internautes eux-mêmes. Pas forcément à cause de son omniprésence dans le domaine de la recherche, mais plutôt au sujet de ses pratiques d’accumulations de données personnelles, lesquelles provoquent une levée de boucliers chaque jour plus organisée. Les plus pessimistes envisagent déjà un Web rebaptisé Google Network dans un futur proche, où toute l’information, la communication, le savoir et l’expression seront canalisés et exploités par un Big Brother plus vrai que nature.
Simple hypothèse ou clairvoyance ? Faut-il laisser Google prendre la place qu’il ambitionne, ou vaut-il mieux au contraire limiter son expansion pour permettre à la diversité de s’exprimer sur le Réseau des réseaux ? Doit-on prendre le risque de voir l’ex-moteur de recherche faire main-basse également sur des domaines plus sensible tels que la politique, les échanges financiers internationaux ou la justice ?
Quelques-uns ont d’ores et déjà choisi leur camp, et ils affutent, en ce moment même, le fil de leur hache en vue de couper les nombreuses têtes de l’animal. Mais dans la légende, l’Hydre était immortelle car chaque tête qu’on lui coupait repoussait; il eût donc fallu les couper toutes en même temps…
Ceci dit, si Google a ses ennemis, il pourrait aussi très bien succomber à ses propres actes. Car, en étouffant toute concurrence potentielle, en décourageant toute ambition et en serrant les cordons de la bourse du Web, il court le risque de devenir un jour le maître d’un réseau stérile, un réseau abandonné par les créatifs, les tenants d’une pensée alternative et tous ceux qui font d’Internet un lieu d’échanges et de diversité. Au final, même les internautes déserteront les lieux, attirés peut-être par un autre mode d’expression et d’information, libre, interactif et mondial.
Comme l’Hydre de la légende qui tuait le bétail et saccageait les récoltes, Google aura peut-être bientôt lui-même fait disparaitre ce qui assure encore aujourd’hui son succès. Et finalement, sans doute ne sera-t-il pas nécessaire de désigner un héros volontaire pour aller l’achever… il suffira de le laisser mourir de faim.

Depuis maintenant 12 ans que j'écume le Web à titre professionnel, j'ai eu le temps de me faire une opinion sur ce qui semble fonctionner (ou pas !) quand on veut travailler en ligne. Plus particulièrement en matière de communication et de marketing. Alors oui, il ne s'agit que de mon point de vue, mais comme je suis généreux, j'ai eu envie de le partager à travers ce site.
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