Publié sur Moteurzine
On est tellement habitué à considérer que les Américains ont toujours un train d’avance sur nous en matière d’Internet qu’on finit par penser qu’ils ont tout inventé. A commencer par le World Wide Web, qui constitue aujourd’hui la partie la plus visible et la plus volumineuse du Réseau. Erreur, le Web n’est pas “made in USA”, il est… franco-suisse !
Imaginez le plus grand centre de recherches en physique des hautes énergies du monde, avec,en son sein, la plus grande machine du monde : le grand collisionneur de hadrons, situé à 100 mètres sous la surface du sol et long de plus de 26 kilomètres. Vous êtes au CERN, le fameux laboratoire européen pour la physique des particules (ou encore “Organisation européenne pour la recherche nucléaire”, son nom officiel), à cheval sur la frontière franco-suisse.
Imaginez encore les 3000 employés et surtout les 8000 scientifiques qui s’y relaient en permanence, le temps de leurs expériences tantôt ultra-secrètes, tantôt préfigurant notre monde de demain. Inévitablement, il devint très vite nécessaire de trouver un moyen efficace de partager les informations entre toutes ces têtes pensantes, lesquelles travaillent en temps normal dans différentes universités et instituts aux quatre coins du monde.
En 1989, un informaticien maison (Tim Berners-Lee) eut alors l’idée d’organiser toutes ces données autour d’un réseau de liens “hypertextes” qu’il développa pour l’occasion. D’une pierre deux coups, il venait d’inventer à la fois le HTML et le Web. Pour les curieux, voici l’original de sa proposition : http://www.w3.org/History/1989/proposal.html
Bizarrement, ce système n’intéresse pas grand monde au début, et Berners-Lee a toutes les peines du monde à l’imposer. En 1990, un homme répond enfin positivement à sa proposition et décide de booster le projet pour le rendre pleinement opérationnel. Il s’agit de l’ingénieur belge Robert Cailliau, lequel remanie un peu les spécifications de son collègue, et crée avec lui ce qui deviendra les bases définitives du WorldWide Web.
La suite, on la connaît. Le premier serveur Web est une station de travail Next Cube, perdue dans les locaux du Cern et portant le doux nom de nxoc01.cern.ch. Il sera rapidement suivi de dizaines, puis de centaines et bientôt de milliers d’autres à travers la planète. En 2007, on comptait “officiellement” plus de 108 millions de sites et des milliards de pages Web, parmi lesquelles certaines sont devenues les fers de lance des entreprises les plus cotées en bourse.
Pourtant, là où désormais chacun se bat pour tenter de rafler la mise au grand jeu de la Nouvelle Economie, l’ironie du sort veut que Tim Berners-Lee et Robert Cailliau, les inventeurs mêmes du plus formidable vecteur d’information de ces 100 dernières années, n’aient jamais fait fortune avec le Web. En effet, la nature même du CERN, organisation scientifique internationale sans but lucratif et propriétaire de leurs travaux à l’époque, a fait que ceux-ci se sont retrouvés rapidement dans le domaine public, sans aucune forme de contrepartie.
Maigre consolation toutefois, Tim Berners-Lee (d’origine britannique) est anobli en 2004 par la reine Élizabeth II et reçoit le titre de chevalier commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique. Elle l’élèvera un an plus tard au rang de titulaire de l’Ordre du Mérite (distinction dont ne bénéficient que 24 personnes actuellement). La même année, le gouvernement allemand lui décerne le prix Quadriga en tant que « l’un des deux plus importants scientifiques du XXe siècle, aux côtés d’Albert Einstein ».

Depuis maintenant 12 ans que j'écume le Web à titre professionnel, j'ai eu le temps de me faire une opinion sur ce qui semble fonctionner (ou pas !) quand on veut travailler en ligne. Plus particulièrement en matière de communication et de marketing. Alors oui, il ne s'agit que de mon point de vue, mais comme je suis généreux, j'ai eu envie de le partager à travers ce site.
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